Kitchen Litho – Émilie Aizier

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Durant la Maker Faire Paris, nous avons rencontré Émilie Aizier, inventeur de l’impression d’art lithographique DIY. Avec entre autre du soda et de l’huile de cuisine, elle vous propose une technique lithographique simple et non toxique. Le nom de cette méthode ? Kitchen Litho, retrouvez dans cet article une présentation de la kitchen litho ainsi qu’une mini interview de sa créatrice, Émilie Aizier.

kitchen litho

Atelier Kitchen Print était présent les 2 et 3 mai 2015 à la Maker Faire Paris pour présenter ses avancées techniques « Kitchen Litho ».

On pouvait aussi y voir des estampes d’Émilion ainsi que celles reçues d’artistes du monde entier à l’occasion du premier concours de Kitchen lithographie.

Les visiteurs étaient invités à découvrir la technique DIY de litho d’Émilion. Il était aussi possible au public de découvrir les dessins du concours et même de voter pour ses préférés.

Pour remercier les visiteurs, l’artiste leur offrait la Kitchen lithographie du robot de la Maker Faire. Cette estampe a été imprimée plus de 80 fois à la cuillère sur papier chiffon par Émilie et les visiteurs durant deux jours.

Mais alors la Kitchen litho c’est quoi?

La kitchen litho est une technique d’estampe basée sur le principe de la lithographie, simplifiée et adaptée à une utilisation accessible par tous. Le terme désigne autant le procédé d’impression que l’estampe imprimée en elle-même. Ce système d’impression fait appel à du matériel disponible dans la cuisine.

L’œuvre à reproduire est tout d’abord dessinée en gras avec du savon par exemple sur plaque ou feuille d’aluminium. Puis elle est fixée par acidulation grâce à l’action du soda ou autre liquide ménager non-toxique à pH acide sur l’aluminium. L’encrage se fait au rouleau, avec de l’encre grasse sur l’aluminium humidifié. L’impression peut se faire « à la cuillère » ou avec une presse taille-douce ou une presse lithographique. – Source : Wikipedia

Présentation d’Émilie Aizier

Émilie Aizier (alias nom d’artiste Émilion) est née en 1977 à Épinal dans Les Vosges. Elle a suivi les cours de l’École Supérieure d’Art de Lorraine et obtenu son diplôme (DNSEP) pour lequel elle s’est faite remarquée par son travail en gravure.

Émilie a d’abord travaillé comme intervenante puis professeur d’arts plastiques en Collège et Lycée à Épinal. Passionnée d’impression d’art elle est partie en Bourgogne pour devenir agent de développement (communication, enseignement gravure & lithographie classique) auprès de l’équipe d’imprimeurs & éditeurs d’art du Centre d’Art Graphique de la Métairie Bruyère.

Pour des raisons liées au travail, elle voyage à travers la France pendant quelques années et s’installe à Poitiers où elle vit actuellement.

 

Suite à un accident qui l’immobilise durant six mois, elle écrit son manuel de Kitchen Litho en juin 2011. Dès lors, l’artiste Émilion décide de se mettre à son compte.  Elle crée son auto-entreprise « Atelier Kitchen Print » maison d’édition de livres et d’estampes mais accueille aussi des élèves pour des cours d’impression d’art.

Kitchen-Lithographie - livre

Interview d'Émilie Aizier

Kitchen Litho - Image à la une

D’où vous est venue cette idée ?

Je voulais refaire de la lithographie (invention de Senefelder vers 1796) mais je n’avais plus de matériel à disposition (ni pierre, ni presse lithographique). J’ai appris qu’on pouvait faire de la lithographie sur métal et que la plaque pouvait passer sous la pression de ma presse taille-douce (gravure). Après un ami Gary Thibeau m’a conseillé d’utiliser l’aluminium et dit qu’il fallait de l’acide phosphorique pour fixer le dessin sur le métal. J’ai recherché « acide phosphorique » sur Internet et par hasard j’ai vu qu’il y en avait dans le cola. J’ai essayé et ça a marché, c’était formidable. Ensuite, je n’avais plus de plaques et j’ai pensé à utiliser le papier d’aluminium que j’avais dans ma cuisine. Le papier d’aluminium permet des choses nouvelles grâce à sa finesse. Pour finir, j’ai remplacé l’essence de térébenthine par de l’huile de colza. J’ai rendu ainsi la technique « non-toxique ». Dans certaines conditions, on peut imprimer également à la cuillère… La Kitchen Litho est née et j’ai rédigé un manuel pour faire comprendre et initier à la technique !

Depuis combien de temps travaillez-vous sur votre projet ?

J’ai inventé ce mode de lithographie en juin 2011. Je viens d’ouvrir mon atelier et y reçoit des intéressés par la litho et la gravure en général.

D’après-vous, comment va évoluer le mouvement Maker en France ?

Je n’ai pas de boule de cristal bien sûr. J’espère seulement que les Makers trouveront un modèle économique leur permettant de vivre et développer leurs créations en France.

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A propos de l'auteur

Passionné de nouvelles technologies et détenteur d'un Master en ingénierie logiciel, je blog sur tout ce qui touche à la culture #Maker, des #FabLabs aux #kits de prototypage. Mais également sur tous les produits et outils dédiés à la démocratisation du #DIY technologique.

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