[Interview] Olivier Ménard, créateur de the Airboard

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Olivier Ménard, ingénieur en électronique et créateur de la carte The Airboard
Interview – Olivier Ménard créateur de The Airboard,une petite carte électronique qui a pour
 objectif de faciliter le prototypage d'objets connectés.
Racontez-nous un peu votre histoire, d'où vous est venue cette idée ?

C’est en s’apercevant des limites des méthodes de créativité classiques dans la conduite de l’innovation qu’il nous est apparu un manque d’outils et de processus permettant le prototypage et formalisation rapide des idées innovantes.

En effet au départ, les idées en rupture sont très fragiles et il est important de leur donner corps très rapidement, de façon à les renforcer pour pouvoir les présenter à des comités de direction ou investisseurs potentiels.

Votre équipe est-elle composée de Makers?

Bien sûr ! Et ce n’est pas un simple effet de mode, c’est une façon de vivre depuis plus de 30 ans. Maker et plus particulièrement « hacker » qui détourne l’usage des objets pour en réaliser de nouveaux.

Vous faites partie des premiers acteurs Français du mouvement Maker, qu'elle est votre vision de ce mouvement ?

Le mouvement maker est actuellement très centré sur l’accompagnement, la formation et l’éducation, ce qui est une bonne chose en soit, mais le mouvement est aujourd’hui relativement limité en ce qui concerne l’entreprenariat et le passage à l’échelle.

Il y a aujourd’hui les Techshops aux États-Unis qui sont sur ce créneau, mais tout le monde n’a pas forcément la vocation ou l’envie de dépasser le stade du prototype unique. Or, il nous est apparu que c’est en dépassant ce stade qu’il est possible d’attirer l’attention et de valoriser le travail effectué. C’est un des enjeux auquel est confronté aujourd’hui le mouvement maker et dont peut dépendre sa survie.

On voit ce courant se propager rapidement aux États-Unis, pensez-vous qu'il soit en corrélation avec les mœurs des Français ?

Oui, l’inventeur français a fondamentalement la même approche expérimentale essais-erreur que celle des makers américains, à la différence près que le système éducatif français est plus théorique alors que le système américain plus pragmatique ; c’est peut-être aussi pour cela que le mouvement est beaucoup plus répandu aux Etats-Unis.

Autre différence culturelle de taille apparue en 2005 avec les communauté open-source hardware : l’innovation n’est plus le fait d’un inventeur génial isolé, comme au temps de la carte à puce, mais se construit aujourd’hui collectivement dans les nouveaux espaces de partage (fablabs, Techshops, coworking, hackerspaces, …). Ce n’est peut-être pas un hasard si la plateforme Arduino tire son nom du Bar di Arduino.

La transition est en cours en France avec tous les nouveaux espaces de partage qui s’ancrent dans certains cas dans une culture associative déjà existante.

Enfin, quels marchés ciblez-vous?Au passage, nous tenons à vous féliciter pour le partenariat récemment passé avec SigFox.

Il faut savoir que dans l’open-source hardware, le marché est d’emblée mondial et il faut composer avec une géographie d’acteurs très morcelée. De nouveaux partenaires qui nous étaient inconnus il y a seulement un mois ont émergé, venant des Etats-Unis, bien sûr, mais également de Hollande, de Russie et de Chine. Au total, plus de 50 pays ont soutenu The AirBoard avec certains pays complètement inattendus : Australie, Bahrain, Colombie, Kenya, Koweit, Lithuanie, Malaisie, Nouvelle Zélande, Pakistan, Pérou, Emirats Arabes et bien d’autres encore…

Nous avons débuté la campagne sur Kickstarter en nous adressant au départ à des makers débutants, en montrant le côté facile et ludique, de façon à bénéficier d’une première masse critique de 700 supporters, de façon à attaquer dans la dernière semaine de campagne notre cour de cible, à savoir les « pro-makers » ou makers semi-professionnels qui – sans forcément connaître l’électronique ou l’Internet-des-Objets) ont la capacité d’entreprendre et de porter un projet en effectuant un premier passage à l’échelle sur des pré-séries de quelques centaines à plusieurs milliers de pièces.

 

Nous avons ainsi déjà aidé plusieurs startups à se lancer, notamment Hydrao (pommeau de douche connecté qui a levé 19000 euros sur Kiss Kiss Bank Bank) ainsi que Peufdaddy (mesureur de hauteur de neige qui a gagné le startup week-end de Grenoble en novembre dernier).

Au final, en quelques heures seulement, ces startups ont économisé plusieurs mois de développements grâce à The AirBoard.

La campagne participative de the Airboard se termine le Dimanche 22 Février. Il vous reste donc encore quelques heures pour soutenir ce projet alors n’hésitez pas!
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A propos de l'auteur

Passionné de nouvelles technologies et détenteur d'un Master en ingénierie logiciel, je blog sur tout ce qui touche à la culture #Maker, des #FabLabs aux #kits de prototypage. Mais également sur tous les produits et outils dédiés à la démocratisation du #DIY technologique.

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