[Interview] Leka créateur de Moti

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Ladislas de Toldi, cofondateur de Leka, revient sur son produit. Nous avons découvert ce projet lors de la  Maker Faire Paris et personnellement j’encourage ce genre d’innovation.

Leka s’est donnée comme mission d’aider les enfants exceptionnels à vivre une vie normale. Notre premier produit, Moti, est un petit robot sphérique, autonome et interactif pour aider à la prise en charge des enfants exceptionnels.

Par sa nature robotique, Moti est stable et diffuse peu d’informations, ce qui permet aux enfants de le prendre en main très facilement. Ses couleurs, sons, vibrations permettent de travailler la sensorialité, ses mouvements et déplacements la motricité des enfants. Moti est donc un nouveau compagnon adapté et adaptable pour les enfants, et un support d’apprentissage, de jeu et d’éveil pour les familles et les professionnels.

Ladislas-Leka - Image à la une

Racontez-nous un peu votre histoire (parcours, hobbys et formation)

Après une enfance entre la France, le Chine et la Belgique j’ai suivi une formation d’ingénieur en biotechnologies à l’EBI (École de Biologie Industrielle de Cergy-Pontoise), où j’ai rencontré Marine co-fondatrice de Leka.

C’est lors d’un cours de design que notre prof, dont l’enfant était touché par l’autisme nous a proposé de travailler sur un jouet adapté à ce type de troubles du développement. Ce projet étudiant est devenu un projet entrepreneurial : Leka.

Pouvez-vous nous présenter votre produit ?

Nous concevons donc depuis deux ans un robot sphérique, autonome et interactif pour aider à la prise en charge des enfants touchés par l’autisme. Nous espérons faire de notre robot un compagnon de jeu pour l’enfant et un outil d’apprentissage pour les professionnels et les familles qui les accompagnent.

 

La robotique est totalement adaptée aux troubles du spectre autistique de par le caractère peu anxiogène des actions réalisées par un robot. Outre les mouvements qui travaillent la motricité de l’enfant, les sons, couleurs et vibrations émises permettent de stimuler la sensorialité donc d’accélérer leur progression et réduire l’anxiété.

Avez-vous travaillé avec des FabLabs pour réaliser vos prototypes ?

Pas vraiment mais nous avons passé une super après-midi au FabLab de Genevillier. Au-delà de ça, nous utilisons Arduino dans nos prototypes et tout ce que nous faisons est open source et disponible sur Github (https://github.com/WeAreLeka/moti)

Si oui, qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Beaucoup de plaisir ! Des rencontres super intéressantes avec une communauté qui ne cesse de grandir et des inputs dans notre projet qui nous ont beaucoup aidés.

Si non, le projet a-t-il connu le jour en interne ou avez-vous travaillé avec d’autres Makers ?

Développement en interne et apprentissage grâce à la communauté internet Arduino, à l’open source et à l’open hardware ?

Vous êtes un Maker autodidacte, quels sont les domaines qui vous passionnent le plus dans ce mouvement ?

Oui. Personnellement j’aime beaucoup tout ce qui touche à l’intelligence artificielle. Je me suis aussi passionné pour les RTOS et nous utilisons dans Moti ChibiOS/RT. Enfin ce que j’aime, c’est développer des outils : Makefiles, scripts de configuration, frameworks. J’ai même créé un répo sur Github qui permet à n’importe qui de créer un projet Arduino en se passant (en partie) de l’IDE et en retrouvant les bons réflexes de la programmation. Il est disponible ici : Bare Arduino Project (https://github.com/ladislas/Bare-Arduino-Project)

Quels conseils donneriez-vous aux Makers en devenirs pour bien débuter ?

Il faut mettre les doigts dans le cambouis et ne pas avoir peur de tout casser. Lorsque j’ai commencé je n’y connaissais rien ou pas grande chose. Internet est une source inépuisable d’informations qui m’a beaucoup aidé. Personnellement je n’aime pas utiliser les choses que je trouve sans les comprendre. Généralement je commence par enlever petit bout par petit bout jusqu’à ce que ça ne marche plus, puis je reconstruis en comprenant bien à quoi sert chaque partie. Ne prenez rien pour acquis et cherchez toujours à comprendre. C’est à ça que sert l’open source.

D’après-vous, comment va évoluer le mouvement maker en France ?

Vu le succès de la Maker Faire cette année, je pense qu’il ne va pas s’arrêter de si tôt. Le futur de la France passe surement par là. Et si ça peut faire naitre des projets entrepreneuriaux prometteurs alors c’est encore plus fort !

Enfin, que manque-t-il à ce mouvement pour se démocratiser en France ?

Il faut apprendre aux enfants l’informatique dès le plus jeune âge à l’école. Pas Word, Excel et Powerpoint, non, leur apprendre comment marche un ordinateur, comment marche un programme. Parce qu’il n’y aura que ça autour d’eux.

 

D’ailleurs après avoir observé la curiosité des enfants pour le fonctionnement technique de notre robot, nous souhaitons faire de celui-ci une opportunité pour que les enfants apprennent la programmation.

 

L’informatique et l’électronique ont cette grande force que chacun peut tenter l’expérience chez soi. Pas besoin d’un labo de chimie ou d’un télescope géant pour tester des choses. Une carte Arduino et quelques lignes de code permettent de changer le monde !

 

Nous travaillons également avec les élèves du club de robotique du lycée Louis Armand dans le 15ème arrondissement, qui mènent des projets sur notre robot.

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A propos de l'auteur

Passionné de nouvelles technologies et détenteur d'un Master en ingénierie logiciel, je blog sur tout ce qui touche à la culture #Maker, des #FabLabs aux #kits de prototypage. Mais également sur tous les produits et outils dédiés à la démocratisation du #DIY technologique.

Un commentaire

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